Explorez la richesse spirituelle du silence dans la tradition carmélitaine
Le silence n'est pas l'absence de bruit, mais la présence de Dieu. Dans notre monde bruyant et agité, le silence devient un refuge précieux où nous pouvons écouter la voix de Dieu qui nous parle au plus profond de notre cœur.
La tradition carmélitaine nous enseigne que le silence est le langage privilégié de l'amour divin. C'est dans le silence que Dieu se révèle et que nous pouvons l'entendre.
"Le silence est la langue de Dieu, tout le reste n'est que mauvaise traduction" - Rumi
L'absence de bruit qui nous permet de nous recueillir et de nous concentrer sur l'essentiel.
Le calme de l'âme qui nous libère des pensées agitées et nous ouvre à la présence divine.
L'union silencieuse avec Dieu où les mots deviennent inutiles et où seul l'amour parle.
Prendre chaque jour un temps de silence pour se mettre en présence de Dieu et l'écouter.
Lire la Parole de Dieu dans le silence pour la laisser résonner dans notre cœur.
Passer du temps en silence avec Dieu, sans paroles, dans une communion d'amour.
Le silence apporte une paix qui dépasse toute compréhension et qui apaise les tempêtes intérieures.
Dans le silence, nous apprenons à écouter vraiment Dieu et les autres, sans préjugés ni distractions.
Le silence nous ouvre à la contemplation de la beauté de Dieu et de sa création.
"Le silence est le plus grand des cris. Il faut du courage pour se taire quand on a envie de crier."
- Sainte Thérèse d'Avila
"Dans le silence et l'espérance sera votre force."
- Isaïe 30,15
"Le silence est la plus haute forme de prière."
- Saint Jean de la Croix
Le Père n'a dit qu'une parole : ce fut son Fils. Et dans un silence éternel il la dit toujours : l'âme doit l'écouter en silence[1].
Un des textes bibliques fondamentaux dans la spiritualité du Carmel est celui où le Seigneur parle au prophète Elie et le charge de mission, non dans le fracas du tonnerre et des bourrasques, mais dans le souffle d'une brise légère[2]. Le recueillement intérieur est l'un des premiers objectifs à atteindre et ce recueillement intérieur demande, au départ, un certain silence extérieur.

Le silence extérieur
Il est favorisé par la nuit et la solitude. Jésus nous en a donné l'exemple à maintes reprises. Il gravit la montagne à l'écart pour prier[3]. Il passait toute la nuit à prier Dieu[4]. Et il nous dit : Pour toi, quand tu pries, retire-toi dans ta chambre et prie le Père qui est là, dans le secret[5].
Un de nos premiers soins est de trouver dans notre vie des temps de silence, qui d'abord ne seront peut-être que de cinq ou dix minutes ; mais à mesure de notre persévérance, ils atteindront au moins une demi-heure d'affilée de prière silencieuse. Une éducation de nous-même est à faire. Or toute éducation est une progression : nous acceptons humblement d'avancer pas à pas.
Ce silence extérieur, on doit s'y habituer en supprimant les paroles superflues (elles sont pour nous occasion de tant de fautes) ; en nous privant d'une écoute ininterrompue de la radio ; en évitant les distractions qui nous éloignent de Dieu, etc… Ce silence extérieur, on peut le trouver chez soi ; on peut aller le chercher à l'église ou dans la nature… Mais à lui seul, il serait peu efficace s'il ne s'accompagnait, petit à petit, du silence intérieur.
Le silence intérieur
Il ne nous est pas naturel. Nous avons d'autant plus de mal à nous concentrer, à intérioriser notre piété, à nous absorber dans la pensée du Dieu-Amour, que la vie actuelle est pleine de bruits qui semblent faits pour entraver la vie intérieure. Or la vie contemplative, la vie d'oraison n'est pas autre chose que le souvenir habituel de Dieu[6].
Tout l'enseignement de saint Jean de la Croix nous help, au long des années, à acquérir un certain silence intérieur. « Un certain » silence et non le silence absolu. Car, de même qu'il y a toujours du bruit à l'intérieur comme à l'extérieur de notre corps tant qu'il y a de la vie (la nôtre et celle des autres), de même nous ne pourrons jamais empêcher des pensées de naître en nous, des images de se former dans notre esprit malgré nous. Mais nous apprenons à les maîtriser pour en faire une prière, les écarter si elles nous éloignent de Dieu afin qu'elles deviennent un moyen de purification pour pouvoir écouter la parole que Dieu veut nous dire.
Ainsi, dans le Carmel, le silence n'est pas une contrainte mais une grâce. Il permet à l'âme de se libérer des distractions et de se concentrer sur l'essentiel : l'amour de Dieu.
La parole

D'une part, le Christ nous dit de redevenir semblables à de petits enfants[7] ; d'autre part, saint Paul nous parle de la nécessité de laisser le langage de l'enfant pour celui de l'adulte[8]. Il n'y pas contradiction, mais complémentarité. Le langage est le premier moyen de communication entre les êtres humains. L'éducation de l'enfant sert, entre autres, à lui donner la maîtrise de la langue. Mais le tout petit enfant (littéralement celui qui ne parle pas), s'il ne peut saisir le sens des mots, n'en est que plus sensible à ce que ces mots transmettent à son affectivité et il n'a pas besoin d'un langage articulé pour connaître l'amour de ses parents. C'est pourquoi la prière silencieuse nous remet d'abord entre les bras de Dieu, comme de petits enfants confiants. Sainte Thérèse de Lisieux nous aide à retrouver cet abandon sans réserve de nous-mêmes à Celui qui nous a créés et sauvés par pur amour.
En même temps et inséparablement, puisque Dieu a fait de nous des créatures qui évoluent, nous avons à parfaire le langage de notre prière pour qu'il devienne davantage une parole d'amour ; nous devons surtout affiner notre capacité d'écoute et améliorer notre compréhension du langage de Dieu, par l'étude de sa Parole dans l'Ecriture, comme à travers la charité fraternelle puisque Jésus s'identifie au plus petit de ses frères[9]. Notre parole, qui est partage, va aussi porter témoignage de notre réponse à l'appel plein de tendresse reçu de Dieu.
Je m'engage
Toute parole engage déjà celui qui la profère et c'est par des paroles que l'on prend un engagement. L'Eglise demande au baptisé de promettre, en adulte, fidélité au Christ. C'est en Eglise que le Seigneur demande, à celui qu'il attire vers le Carmel, de s'engager par une promesse particulière. N'ayez pas peur ! n'a cessé de nous redire Jean-Paul II, qui a si bien écrit sur la Miséricorde divine. Or la peur d'engager est un mal pernicieux qu'il faut combattre. Cette peur exprime souvent une fausse humilité (je ne suis pas digne… je ne suis pas capable) qui est finalement un manque de foi, d'espérance et de charité. Nous oublions que Dieu est un Père tout-puissant et miséricordieux ; que Jésus nous dit : Gardez courage. J'ai vaincu le monde[10] ; enfin que son Esprit intercède pour nous avec des gémissements ineffables.
Le silence carmélitain est un silence actif, un silence qui écoute, qui contemple, qui aime. C'est dans ce silence que Dieu se révèle et que l'âme peut répondre à son appel d'amour.